LA GRANDE FANFARE : Prix de la touareguité avec mention « maîtrise des nuances »
LES BOULETS KIES : Prix du Masochisme avec mention « pot d’échappement »
L’ECHO DES AVENS : Prix du cirque minable avec mention « slip léopard »
OTANT’OC : Prix de l’authenticité du terroir avec mention « la musique je l’adore, quand y’en a plus y’en a encore »
L’ORPHEON DE GARRAFACH : Prix du cri de la mouette avec mention « Morue ! »
BANDAPAR : Prix du kilowatt heure avec mention « ambulatoire mon cul ! Mais avec du groove »
LE PETIT ORCHESTRE DE POCHE DU CHAPELIER FOU : Prix de la surpopulation avec mention « La trompette c’est mon dada »
LA BEREZINA : Prix de l’écrit & l’Oural avec mention « Revenez en octobre rouge »
LA FANFARE DE L’EXTREME : Prix de la tournée générale avec mention « Melle Hortensia & Le Faux Bourdon »
ECOLE MUNICIPALE DE BASSE DE COMPREGNAC : Prix Arlette Laguilier avec mention « Olivier Besancenot »
Judicaël RUCH : Prix de la batterie de cuisine.
Philippe MONIER : Prix de l’ubiquité.
COMMENTAIRES :
Le vacarme des fanfares a laissé place au frais clapotis du ruisseau de Toudoure, dont profitent à nouveau les salades et les tomates des jardins du village de Saint-Sever enfin débarrassé, après deux jours de grand tumulte, de ses hôtes importuns : grosses caisses tonitruantes, saxophones bavards, trompettes assourdissantes …
Que le Très Faux, le dieu de toutes les fanfares, soit loué pour les conditions climatiques exceptionnelles qui ont largement contribué au chiffre d’affaire de la buvette et au succès de ces rencontres, dont voici le bref compte-rendu.
Ont particulièrement été distingués :
- le subtil jeu de nuances de
la Grande Fanfare, toute bleue, qui a permis à son chef, Big Mike en personne, de mettre en valeur tous les instruments, y compris les plus inhabituels dans une fanfare de cette taille (violon-trompette, flûte, accordéon…). La veille, le public a pu assister à la première mondiale du film réalisé pendant le voyage de cette belle formation au Mali.
- l’incroyable résistance thermique de Hommes à la Moto des boulets Kiès, tout de cuir vêtus sous l’implacable soleil de l’après-midi, et sous la non moins implacable direction du jeune Corentin au tambour.
- le petit cirque ambulant de l’Echo des Avens, avec sa confortable roulotte et ses fabuleux numéros : les solistes sur corde, l’homme-le-plus-fort-du-monde, le dresseur de fauves, l’homme-canon, les éléphants et leur dompteur en slip panthère
- la manifestation des débutant-e-s de l’école nationale de petites basses de Comprégnac, aux cris de « tuba libre », « la basse si j’y suis », etc …
- les Otant’oc en hippies multicolores à la chorégraphie déjantée – oncques ne vit-on groupe traditionnel avec un tel esprit fanfare !
- l’air du grand large, l’odeur de la morue et les cris des mouettes pour les pirates poètes de l’Orphéon de Garrafach, musicalement impeccables, sous la houlette du plus cruel d’entre eux, Philippe-le-Terrible, qui a étonné l’assistance par son impressionnante culture littéraire
- le groove des touristes égarés de Bandapar dans un beau répertoire R’n’B (qui a nécessité l’usage d’une guitare électrique, mais le résultat valait bien cette entorse à la réglementation « no EDF » des JAMS)
- le beau duo hors concours de mademoiselle Hortensia et du Faux Bourdon, qui a donné à tout le monde l’envie de voir Naples, mais sans mourir.
- la véritable œuvre théâtrale du Petit Orchestre de Poche du Chapelier Fou, concentré brut d’émotions partagées dans un contact extraordinaire avec le public, soutenue par de jeunes et fougueux musiciens de très haut niveau et par un fan-club nombreux et terriblement efficace
- la Bérézina en flibustiers de l’Oural, dans une mise en scène soigneusement élaborée, à l’humour surréaliste, qui ont fait preuve d’une très grande classe et de délicates attentions pour le jury assoiffé
- l’énergie de la Fanfare de l’Xtrême dans une version éclatée de « et ron et ron petit fanfaron », qui a rassemblé les éléments les moins fréquentables de chacune des fanfares sous la spectaculaire direction du plus incroyable gros-caissier de tous les temps
- la verve apéritive de la banda « les Souvenirs de Nestor », spécialement descendue d’Espalion pour l’inauguration des festivités
- le professionnalisme du Klez de 12, qui a ouvert le bal du samedi soir, et dont la réputation n’est plus à faire
- et pour finir, Juju, le magicien de la batterie de cuisine, et son équipe de cuistots pour l’ensemble de son œuvre, à qui a été décerné à l’unanimité le Prix Spécial de toutes les fanfares.
Un grand bravo à l’association des Nouveaux Troubadours, puissance invitante, pour l’organisation sans faille de ces 13° JAMS, merci à la municipalité de Saint-Sever et au public pour l’accueil réservé aux fanfarons, et à l’année prochaine, toujours à Saint-Sever, pour une nouvelle édition encore plus belle et encore plus folle que les précédentes …